Prenez deux héros victoriens bien connus, une enquête apparemment sans queue ni tête, un étrange professeur, quelques substances illicites, une pincée de K. Dick et deux gouttes d’Asimov et vous aurez la recette d’une nouvelle évidemment fantastique …
A lire sans modération.
Extrait :
A lire sans modération.
Extrait :
Londres, le 30 décembre 98
C’est avec une certaine appréhension que, pour la
première fois depuis de nombreuses années, des siècles pourrais-je dire, je
reprends la plume, poussé par les événements des derniers jours. Ce matin, comme de coutume, je me suis
réveillé dans ma chambre au 221B Baker Street. J’avais l’impression d’avoir
rêvé une éternité et mes membres étaient fourbus et endoloris, comme piétinés
par une troupe d’éléphants. J’arrivais à peine à décoller mes paupières et
j’ouvris un œil en un effort surhumain. Je fis de même avec l’autre. Ma vision
était étrangement floue, surtout pour un individu aussi fier que moi de n’avoir
jamais eu le moindre trouble visuel. J’arrivais tout juste à distinguer les
ombres dansantes des arbres à la fenêtre. Et puis, stimulé par la bonne odeur
des toasts de Mrs Hudson, mon odorat se mit en marche. Et là je repris
instantanément mes esprits. Holmes, me pardonnerez-vous un jour ?
Ce que je vais relater dans les lignes qui suivent
pourra paraître quelque peu insensé ou incohérent ; il me faut avouer que
certains points de cette enquête me demeureront à jamais inexpliqués. Je dois
me presser de coucher sur papier notre ultime aventure, avant d’avoir tout
oublié. Je sens déjà ma mémoire défaillir, comme si je me souvenais d’un rêve
dont les détails s’effacent à chaque seconde qui passe.
Holmes, j’espère que vous découvrirez ce manuscrit.
J’ai trouvé la cachette de la bibliothèque. Aucun livre secret, comme je
l’avais deviné. J’ai bien compris votre message et j’ai fait fi de mes propres
principes, car je vous ai toujours voué une confiance absolue. J’ai peur,
Holmes. Que va-t-il se passer ? Si le professeur G. a mis en pratique son
plan, vous n’aurez malheureusement jamais l’occasion de lire ces lignes. Mais
dans le cas contraire, faites attention à ce nouvel ennemi qui me semble être
un adversaire au moins aussi redoutable que le professeur Moriarty.
Sincèrement,
Votre dévoué Watson
P.S. : Si un autre lecteur tombe sur ce
manuscrit, cela signifiera que nous avons échoué. Que j’ai
échoué. J’espère de tout cœur qu’on ne me tiendra pas rigueur d’avoir été,
selon toute vraisemblance, à l’origine de la disparition de mon meilleur ami et
compagnon d’aventures, le plus grand détective de tous les temps, Sherlock
Holmes.
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