mardi 16 octobre 2012

Présentation

Prenez deux héros victoriens bien connus, une enquête apparemment sans queue ni tête, un étrange professeur, quelques substances illicites, une pincée de K. Dick et deux gouttes d’Asimov et vous aurez la recette d’une nouvelle évidemment fantastique …
A lire sans modération.

Extrait : 


Londres, le 30 décembre؁ 98

C’est avec une certaine appréhension que, pour la première fois depuis de nombreuses années, des siècles pourrais-je dire, je reprends la plume, poussé par les événements des derniers jours. Ce matin, comme de coutume, je me suis réveillé dans ma chambre au 221B Baker Street. J’avais l’impression d’avoir rêvé une éternité et mes membres étaient fourbus et endoloris, comme piétinés par une troupe d’éléphants. J’arrivais à peine à décoller mes paupières et j’ouvris un œil en un effort surhumain. Je fis de même avec l’autre. Ma vision était étrangement floue, surtout pour un individu aussi fier que moi de n’avoir jamais eu le moindre trouble visuel. J’arrivais tout juste à distinguer les ombres dansantes des arbres à la fenêtre. Et puis, stimulé par la bonne odeur des toasts de Mrs Hudson, mon odorat se mit en marche. Et là je repris instantanément mes esprits. Holmes, me pardonnerez-vous un jour ?
Ce que je vais relater dans les lignes qui suivent pourra paraître quelque peu insensé ou incohérent ; il me faut avouer que certains points de cette enquête me demeureront à jamais inexpliqués. Je dois me presser de coucher sur papier notre ultime aventure, avant d’avoir tout oublié. Je sens déjà ma mémoire défaillir, comme si je me souvenais d’un rêve dont les détails s’effacent à chaque seconde qui passe.
Holmes, j’espère que vous découvrirez ce manuscrit. J’ai trouvé la cachette de la bibliothèque. Aucun livre secret, comme je l’avais deviné. J’ai bien compris votre message et j’ai fait fi de mes propres principes, car je vous ai toujours voué une confiance absolue. J’ai peur, Holmes. Que va-t-il se passer ? Si le professeur G. a mis en pratique son plan, vous n’aurez malheureusement jamais l’occasion de lire ces lignes. Mais dans le cas contraire, faites attention à ce nouvel ennemi qui me semble être un adversaire au moins aussi redoutable que le professeur Moriarty.
Sincèrement,
Votre dévoué Watson
P.S. : Si un autre lecteur tombe sur ce manuscrit, cela signifiera que nous avons échoué. Que j’ai échoué. J’espère de tout cœur qu’on ne me tiendra pas rigueur d’avoir été, selon toute vraisemblance, à l’origine de la disparition de mon meilleur ami et compagnon d’aventures, le plus grand détective de tous les temps, Sherlock Holmes.

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